Chaque année, la trêve hivernale constitue un moment clé pour les locataires et propriétaires en France. Fixée de manière fixe, cette suspension légale des expulsions s’étend du 1er novembre au 31 mars, offrant un répit essentiel pendant la période hivernale. Ce dispositif, issu d’une longue histoire sociale, encadre strictement les droits et devoirs des parties et inclut plusieurs exceptions spécifiques. Comprendre les dates clés et le cadre légal de la trêve hivernale est indispensable pour anticiper ses impacts sur le logement social, la protection des locataires et les démarches liées aux procédures d’expulsion.
L’article en bref
La trêve hivernale suspend légalement les expulsions locatives du 1er novembre 2025 au 31 mars 2026, un dispositif majeur pour la protection des locataires en période froide.
- Dates incontournables 2025-2026 : Trêve hivernale du 1er novembre au 31 mars inclus
- Exceptions légales : Squatteurs, relogement adapté et logements en péril
- Obligations durant la trêve : Loyers dus et démarches de paiement maintenues
- Reprise des expulsions : Dès le 1er avril 2026, exécution possible des décisions de justice
Un équilibre entre protection sociale et droits des propriétaires à anticiper chaque année.
Les fondements essentiels de la trêve hivernale et ses dates clés
La trêve hivernale est une période légale pendant laquelle les expulsions locatives sont suspendues, définie précisément entre le 1er novembre et le 31 mars de chaque année. Cette mesure découle d’une volonté de protéger les personnes vulnérables contre les risques accrus liés à l’absence de logement en hiver. Elle trouve son origine dans l’appel de l’abbé Pierre en 1954 qui a sensibilisé l’opinion publique à la détresse des sans-abri en période de grand froid.
Depuis la loi ALUR du 24 mars 2014, ces dates sont strictement encadrées au niveau national, garantissant une cohérence sur l’ensemble du territoire. Pour l’hiver 2025-2026, la date de début est donc le 1er novembre 2025 et la date de fin le 31 mars 2026, couvrant un intervalle de près de 5 mois pendant lesquels les procédures d’expulsion sont gelées, à quelques exceptions près.
Suspension des expulsions et protection des locataires en période hivernale
Sur la base de la loi trêve hivernale, aucun propriétaire ne peut procéder à l’expulsion effective d’un locataire entre les dates clés. Cela inclut toute forme d’expulsion ordonnée par la justice, que ce soit pour loyers impayés ou autres motifs, sauf si des mesures exceptionnelles s’appliquent. Cette suspension vise à éviter que des familles ou individus se retrouvent sans toit pendant les mois les plus rudes de l’année.
En pratique, bien que la procédure judiciaire puisse être engagée ou poursuivie pendant cette période, son exécution est différée. Par ailleurs, la trêve hivernale étend aussi sa protection aux coupures de gaz, d’électricité et de chauffage, interdisant toute interruption de fourniture pour impayés.
Les principales exceptions à la trêve hivernale et leurs implications
Malgré son caractère protecteur, la trêve hivernale ne s’applique pas à toutes les situations. Certaines exceptions légales permettent l’expulsion ou le relogement, quitte à intervenir en plein hiver :
- Les squatteurs : occupants sans droit ni titre, même dans une résidence principale ou secondaire, peuvent être expulsés à tout moment.
- Le relogement adapté : lorsque le locataire est proposé un logement correspondant à ses besoins familiaux et professionnels, l’expulsion peut être exécutée.
- Immeubles en péril : logements faisant l’objet d’arrêtés de mise en sécurité ou programmés pour démolition ne bénéficient pas de la suspension.
- Expulsions pour violences conjugales : le conjoint violent peut être expulsé sur ordonnance du juge, protégeant ainsi la victime.
- Locaux professionnels ou commerciaux : non soumis à la trêve, les expulsions peuvent s’y poursuivre.
Les obligations des locataires et des propriétaires pendant la trêve hivernale
La protection offerte par la trêve ne dispense pas les locataires de leurs responsabilités, notamment en matière de paiement. Les loyers et charges restent dus et doivent être acquittés ou négociés pour limiter l’accumulation de dettes. De leur côté, les propriétaires peuvent poursuivre les procédures judiciaires, mais ne peuvent exécuter aucune expulsion avant le 1er avril.
Il est fréquent qu’un dialogue s’instaure entre les parties pour envisager des solutions amiables, telles que des plans d’échelonnement ou des propositions de relogement dans le cadre du logement social. Ce mode d’arbitrage est souvent préférable à une procédure longue et coûteuse.
| Acteur | Responsabilités pendant la trêve hivernale | Limitations |
|---|---|---|
| Locataire | Payer loyers et charges, maintenir le logement en bon état | Expulsion suspendue, mais dettes non effacées |
| Propriétaire | Engager procédures, rechercher solutions amiables | Interdiction d’expulsion et de coupures d’énergie |
Préparer la période post-trêve : anticiper la reprise des expulsions
Au 1er avril 2026, la période de suspension prend fin. Les propriétaires disposant d’une décision judiciaire exécutoire pourront alors demander à l’huissier d’engager la procédure d’expulsion, incluant commandement de quitter les lieux et intervention de la force publique si nécessaire.
Pour les locataires, la trêve constitue donc un moment pour chercher un relogement ou organiser un plan de remboursement, tandis que les propriétaires peuvent finaliser les démarches en amont pour une reprise efficace des expulsions.
Liste des dates clés et durées à retenir pour la trêve hivernale 2025-2026
| Événement | Date précise | Durée | Remarques |
|---|---|---|---|
| Début de la trêve hivernale | 1er novembre 2025 | Début de la suspension des expulsions | Applicable sur tout le territoire français |
| Fin de la trêve hivernale | 31 mars 2026 | Fin de la suspension | Expulsions peuvent reprendre à partir du 1er avril |
| Début de la procédure judiciaire possible | Avant ou pendant trêve | Procédure engagée mais exécution différée | Permet d’anticiper la reprise post-trêve |
| Prolongations exceptionnelles | Selon décret spécifique | Variable | Prolongation possible en cas de crise |
Un dispositif français aux accents sociaux comparés aux pratiques internationales
Si plusieurs pays européens adoptent des mesures similaires, la trêve hivernale française se distingue par sa rigueur et son cadre national clair. En Allemagne ou au Danemark, par exemple, certaines régions autorisent des reports d’expulsion liés aux conditions climatiques mais sans une période aussi formelle et étendue.
Aux États-Unis, les moratoires sur expulsions sont souvent temporaires et liés à des crises spécifiques, tandis qu’au Québec, la flexibilité judiciaire permet des ajustements selon les situations climatiques. L’expérience française reste donc exemplaire, articulant droits humains et santé publique dans une démarche structurée.
Quelles sont les dates officielles de la trêve hivernale 2025-2026 ?
La trêve hivernale débute le 1ᵉʳ novembre 2025 et s’achève le 31 mars 2026, période durant laquelle les expulsions locatives sont suspendues.
La trêve hivernale efface-t-elle les dettes de loyer ?
Non, les loyers et charges restent dus pendant toute la durée de la trêve. Les locataires doivent continuer à les payer ou négocier un échelonnement.
Quand les expulsions peuvent-elles reprendre après la trêve ?
Elles peuvent être exécutées à partir du 1ᵉʳ avril 2026, à condition qu’une décision judiciaire soit en place.
Quelles sont les principales exceptions à la trêve hivernale ?
Les squatteurs, le relogement adapté, les logements en péril, ainsi que les expulsions liées aux violences conjugales ne bénéficient pas de cette suspension.
La trêve hivernale concerne-t-elle les locaux commerciaux ?
Non, les locaux professionnels et commerciaux ne sont pas protégés par la trêve hivernale, les expulsions peuvent donc continuer.








